massagemetaTechnique de la Métamorphose et vide quantique

(par Janick Noverraz , praticienne en metamorphose)

 

 
Il y a toujours un sentiment d’émerveillement de voir comment un livre arrive entre nos mains au bon moment.

A ma dernière visite à la bibliothèque, comme aimantée, j’ai saisi “Relations d’incertitude” de Elisa Brune et Edgar Gunzig. Elisa, jeune journaliste scientifique et Edgar, physicien amoureux du vide quantique.

Lecture très facile d’un livre généreux, humain. Une rencontre marquante qui m’incite à déposer quelques évidences.
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Dans notre approche, nous avons un vocabulaire commun qui nous permet d’échanger à propos de notre façon de décrire le monde.

Nous distinguons trois dimensions dont nous parlons séparément tout en étant conscients qu’elles ne peuvent être séparées: “au-delà du Temps, de l’Espace et de la Matière”, “hors du TEM” et “dans le TEM”. La dimension “au-delà duTEM” s’exprimant à travers les deux autres. “Hors duTEM “ est le domaine de l’unité, de la vibration UNE, de la potentialité, du non manifesté. “Dans le TEM” est le domaine de la dualité, du manifesté, de l’actualisé.

Nous savons également:

- que, pour qu’un potentiel s’actualise dans le TEM, il faut de l’énergie

- que cette énergie va être libérée à partir d’une forme déjà actualisée.

Il y a jeu constant entre deux domaines: le non manifesté et le manifesté.


En ayant présent à l’esprit ces éléments, voyons comment Edgar, le physicien, parle du vide quantique.

Le monde de l’infiniment petit ( particules, ondes, champs ) ne connaît pas le repos. Il y a toujours un état de vibration.

Plus on plonge dans l’infiniment petit, plus on approche de ce que les physiciens nomment le vide quantique. Il est défini non pas comme une absence de toute chose mais comme un état particulier des choses. Comme si l’énergie telle que nous pouvons la percevoir dans le TEM devenait de plus en plus faible.

Attention! Le vide quantique n’est pas le néant et il ne s’oppose pas au non-vide, il en est plutôt le point de départ “ Le vide est du plein larvé. Du quelque chose en germe. Une promesse de monde” dit E.Gunzig “Il n’y a pas de vide néant, il n’y a que du non actualisé”. Un potentiel prêt à se manifester.

Comment le physicien exprime-t-il ce vide?

Le vide quantique n’est pas immobile, il “bourdonne, fluctue, oscille, vombrit”.

Le non manifesté, le non actualisé prêt à jaillir, prêt à s’actualiser. Sans arrêt, des particules virtuelles émergent du vide par paires de signes opposés et par là même s’annihilent immédiatement. Pour qu’une particule s’actualise, se manifeste et subsiste dans le TEM, il faut de l’énergie! L’énergie est fournie par la matière déjà actualisée: l’univers en expansion qui “incite” le vide à produire. “Tout se passe comme si l’univers matériel d’une part et le vide d’autre part n’étaient que deux phases distinctes d’un seul et même substrat.”

Il y a jeu constant entre deux domaines: le non manifesté et le manifesté.
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Observons ce jeu.

“Si le grain tombe en terre et qu’il ne meurt, il reste stérile. Mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruits” Evangile de Jean

Quand il y a métamorphose, il y a d’abord mort. Mort de quoi? Mort d’une forme. Cette forme peut être une chenille, un gland, un schéma de comportement, peu importe. Cette forme est ancrée dans le Temps, l’Espace, la Matière autrement dit dans la dualité, le manifesté.

Lorsque la forme chenille meurt en tant que chenille, une énergie est libérée, cette énergie, ce pouvoir est aussi de la conscience, il y a alors communication entre ce qui a été libéré et la forme papillon en potentiel dans le champ énergétique de la chenille. C’est grâce à cette communication que se produit la transformation.

Il y a un mouvement “hors de” de la forme 1 (chenille) vers la forme 2 (papillon) pour que celle-ci se manifeste dans le TEM.

Nous savons que la communication dont il est ici question peut se définir comme l’émotion ultime au seuil du non-manifesté et du manifesté, elle se situe hors TEM, dans l’Unité, le non-manifesté.

Quand nous donnons une séance, il y a deux éléments: d’abord, quelqu’un demande une séance et donc s’engage dans son mouvement de transformation, ensuite l’attitude du praticien va permettre à une qualité d’espace de s’installer. En ne donnant aucune direction, il laisse la place à la force de vie de la personne qui reçoit la séance. Cette force, guidée par l’intelligence innée va faire ce qui est juste à ce moment là.

La qualité de l’espace qui s’installe pendant une séance n’est pas sans rappeler la qualité de ce que les taoistes nomment le vide médian. Dans l’univers rien n’est figé. Tout est mouvement et tout naît du souffle. Le mouvement est le reflet du souffle qui anime toute chose. Le souffle se manifeste de trois façons: yin, yang, vide médian. Le vide médian facilite la communication entre yin et yang en créant un espace qui permettra la transformation! 

Nous pratiquons le détachement et jouons ainsi notre rôle de catalyseur. Nous notons les faits, les reconnaissons, les laissons être. Nous baignons dans cette qualité d’espace qui nous permet “d’explorer/d’être exploré par” les zones frontières entre le non manifesté et le manifesté.

Nous sommes aux premières loges pour vivre le jeu d’une façon optimum.
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Le souvenir de Saint François d’Assise surgit. On dit de lui qu’il voyageait sur un chemin de “désaisissement de soi”, que cette dépossession intime, loin d’être un appauvrissement creusait en lui un espace d’accueil toujours plus grand.

De tout temps, des hommes, des femmes ont payé de leur vie ou ont été emprisonnés de longues années pour avoir exploré une voie directe vers une autre dimension: Mr Eckhart, Mme Guyon etc... Qu’ont-ils donc exploré qui les rendaient si dangereux pour la hiérarchie en place? La liberté à travers le mouvement vers... , le mouvement “hors de”, hors de soi à travers soi, à travers la décristallisation de l’égo.

Car, qu’est-ce que le “désaisissement de soi”? Ce n’est pas se nier, bien au contaire, c’est ce qui se passe lorsque nous notons les émotions, les faits de notre immédiat quotidien, que nous les reconnaissons, que nous les laissons être. Nous nous ouvrons en conscience au non manifesté, nous allons à la rencontre de notre Etre, de l’Etre. Chaque geste, chaque minuscule fait est source d’énergie. Chaque instant est porte ouverte vers ... à notre disposition.../...



Références du livre cité: “Relations d’incertitude” Elisa Brune, Edgar Gunzig, Ed. Ramsay 2004.
   
 Site de l'auteur : www.laurore.com